Un point de départ vers le but
Moaz raconte : « Avant de rejoindre le programme “Sport pour toutes et tous” avec PAFA, je faisais du sport avec mes potes dans mon quartier. Et dès que l’association a annoncé la création d’une équipe de foot pour les personnes amputées, je m’y suis inscrit en 2018. C’était vraiment le point de départ mon parcours vers mon but ». Grâce à ce point de départ, Moaz tient à réaliser son rêve : devenir un joueur international qui défendra les couleurs de son pays lors des compétitions officielles dans les jours qui viennent. Il n’aurait jamais pu y arriver sans le rôle crucial joué par PAFA, qui offre un environnement propice à l’épanouissement des talents et à la mise en valeur des compétences. Moaz exprime d’ailleurs sa joie en disant : « En très peu de temps, on a progressé avec mes coéquipiers et on s’est retrouvés en France pour profiter de l’expérience des joueurs amputés locaux et échanger avec eux lors de matchs amicaux contre des équipes françaises en 2019. »
Tout ça, c’était une préparation pour la première compétition officielle de 2020, où la Palestine a participé aux qualifications pour la Coupe du monde asiatique organisées à Téhéran, en Iran. Moaz explique : « On a commencé à s’y intéresser davantage et à s’investir plus sérieusement dans les entraînements pour se préparer au mieux à ce sport, jusqu’à ce qu’on soit frappés de plein fouet à Gaza par la guerre génocidaire fin 2023 ». Cette guerre génocidaire qui n’a épargné terre, nature ni hommes. L’occupation n’a fait aucune distinction entre les bâtiments, les infrastructures et les habitants. L’occupant a tué plus de 100 000 martyrs et détruit toutes les installations sportives et les bâtiments résidentiels, dévoilant ainsi son vrai visage envers notre peuple palestinien. Après plus d’un an d’interruption de toutes les activités de la vie quotidienne, y compris sportives, Moaz a exprimé sa satisfaction face au retour progressif des activités sportives en déclarant : « PAFA nous a contactés fin 2024 pour annoncer le premier rassemblement sportif des amputés dans le cadre du plan de relance sportive, malgré la guerre qui continue. Ça m’a fait ressentir un immense sentiment d’appartenance à cette association qui nous a redonné la vie. ». Ce rassemblement, qui a réuni l’élite des joueurs amputés, a constitué la première activité sportive malgré la guerre. Malgré les risques importants et les défis, la participation des joueurs a été un message d’espoir pour leur retour à la vie. Moaz a commenté ça en disant : « À ce moment-là, j’avais l’impression que PAFA était mon espace personnel, celui qui nous a redonné vie, tant sur le plan psychologique que physique. »
Le sport pour toutes et tous
Le sport est un droit pour tous et n’est l’apanage de personne ; il n’y a pas de discrimination dans le sport. Au contraire, le sport répare bien des choses que d’autres aspects de la société détériorent. Le sport est au service de toutes les catégories de la population, sans exception. PAFA a donc déployé des efforts considérables pour devenir un partenaire essentiel du programme « Sport pour toutes et tous » en cet égard, en réservant un espace hebdomadaire aux footballeurs amputés. À ce sujet, Moaz raconte : « Grâce à ces séances d’entraînement hebdomadaires, j’ai eu l’impression d’être dans mon élément ; en fait, on a tous ressenti un bien-être physique et mental qui a dépassé le cadre du terrain pour atteindre nos familles chez elles. »
Dans le monde où on vit, rien ne se fait sans obstacles ni difficultés. Le peuple de Gaza a dû faire face à de nombreux défis tout au long de sa vie, surtout avec cette guerre qui dure depuis plus de deux ans – et qui continue encore aujourd’hui. Quant à Moaz, son point de vue était le suivant : « Ce sont les frontières qui nous ont privés de notre droit de jouer, de notre droit à la vie et de notre droit à participer à des compétitions internationales pour représenter notre chère patrie, la Palestine, lors de différentes manifestations ». La Palestine devait en effet participer aux éliminatoires asiatiques pour la Coupe du monde des amputés au Mexique à la fin de cette année, en novembre 2026. Moaz a ensuite ajouté : « La guerre a aussi été un énorme défi et un obstacle terrifiant : elle a anéanti la vie à Gaza et nous a fait reculer de plusieurs décennies », Tous ces obstacles, combinés aux difficultés de déplacement dans les quartiers de Gaza à cause de la guerre, ont eu un impact négatif sur le moral des bénéficiaires. Mais PAFA n’a pas baissé les bras et ne le fera pas : elle continuera toujours à travailler dur et avec acharnement pour transmettre son noble message, en utilisant le sport pour redonner de l’espoir à notre peuple palestinien.
L’avenir s’annonce meilleur
Moaz a envisagé l’avenir et l’a mis en lien avec ce rôle humanitaire crucial, surtout au vu des conditions et des difficultés que traverse Gaza. Il a déclaré : « Je suis avant tout un être humain, et je m’efforce d’aider toutes les personnes qui ont perdu un membre. Je consacre toute mon énergie à servir ces personnes avec tout ce que j’ai pour leur redonner de l’espoir et leur permettre de continuer à vivre », Moaz a souhaité que l’État de Palestine soit au centre de l’attention du monde entier pour qu’il puisse vivre librement, comme le reste du monde, et il a adressé ses remerciements et sa gratitude à l’équipe du programme “Sport pour toutes et tous” en disant : « Vous avez reçu le message de Moaz, car Moaz s’est retrouvé dans le projet “Sport pour toutes et tous”, qui aide une grande partie de notre peuple. Mais le plus important, c’est que ce projet continue et s’étende pour aider encore plus de gens comme moi au sein de la société palestinienne, malgré les conditions difficiles qu’elle traverse. Sachez que venir en aide aux gens simples et aux réfugiés opprimés, c’est quelque chose d’énorme qui vaut vraiment la peine qu’on se donne du mal pour ça. »
Pour conclure, l’Association palestinienne de football des Amputées, grâce à son partenariat avec les organisations concernées en Palestine et à l’étranger, veille à ce que sa mission pédagogique, psychologique et physique dépasse les limites de n’importe quel terrain de foot pour atteindre chaque foyer et chaque famille palestinienne, que ce soit en Palestine ou dans la diaspora. Et ça, ça ne peut se faire qu’avec la participation de tous ceux qui portent dans leur cœur un message d’espoir venu du ciel pour venir en aide aux populations marginalisées et opprimées, comme nos frères de Gaza en particulier, et de Palestine en général.
"« Le projet “Sport pour toutes et tous” nous a redonné vie sur le plan psychologique, sociale et physique, alors que les frontières et la guerre nous avaient privés de notre droit au jeu et de notre droit à la vie. »"